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Le droit de visite, la garde alternée et la famille recomposée

lundi 10 mars 2014 , dernière modification : mercredi 9 septembre 2015, par Easy Tribu

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La vie en tribu implique de fait des enfants qui peuvent partager leur vie entre plusieurs foyers.
Que nous parlions de droit de visite simple ou élargi, de garde alternée, il n’est pas toujours commode, pour les parents, comme pour les enfants de s’organiser.

Choisir le droit de visite ou la garde partagée lorsqu’on vit en famille recomposée

La vie évolue, après une séparation il peut y avoir une nouvelle vie, en famille recomposée et les choix concernant la garde des enfants entre les parents va influencer de manière importante cette dernière.

Pour qu’une famille se reconstruise et se donne les meilleures chances de réussir, une des clefs est de pouvoir rassembler toute sa tribu aussi souvent que possible. Plus nos enfants respectifs partageront leur vie ensemble, plus ce sera facile de construire de solides bases au nouveau foyer.

Bien entendu, il va falloir composer avec son ex et trouver une satisfaction pour tout le monde est loin d’être évident, alors le seul conseil que nous donnons est d’essayer de trouver des solutions pour que la tribu d’une famille recomposée passe le plus de temps possible ensemble.
Si tous les enfants sont en garde alternée, l’idéal est de partir sur les mêmes semaines.
Si certains enfants sont en garde alternée et d’autres en droit de visite, essayez d’avoir au moins les week-ends et les vacances en commun.
Et quoiqu’il arrive, pensez toujours à l’équilibre de votre enfant qui doit avoir toutes les chances de bien vivre la séparation de ses parents et son nouveau foyer.

Quand tout se passe bien entre les parents de l’enfant, et c’est tout de même la solution qu’il faut privilégier, il ne faut pas hésiter à faire preuve de grande souplesse tout en prenant toujours en première considération l’intérêt et l’équilibre de l’enfant.
On peut dès lors voir des semaines s’échanger, des week-end de garde s’intervertir, pour permettre aux enfants d’assister à des manifestations particulières, de rencontrer des grands-parents éloignés par exemple.

Soyez vigilants tout de même car les situations peuvent se dégrader rapidement : un malentendu, une rancœur, l’influence d’un nouveau conjoint, la jalousie, un déménagement, peuvent remettre en cause la souplesse d’organisation qui existait entre les parents de l’enfant.

Il est ainsi important qu’un jugement concernant la garde de l’enfant soit validé par le juge aux affaires familiales, même si les parents séparés n’étaient pas mariés, et même s’ils s’entendaient bien après la séparation. Cela évite bien souvent des difficultés lorsque les relations n’évoluent pas dans le bon sens.

Les différents critères importants qui doivent être décidés par les parents dans le cas d’un divorce :

Lieu de résidence de l’enfant

La première chose, sur laquelle il faut nous arrêter consiste à identifier de façon très claire, le lieu de résidence "légal" de l’enfant.
Celui-ci est déterminé par le jugement de divorce des parents de l’enfant.
En cas d’absence de jugement, celui-ci doit être reconnu par l’autorité judiciaire, notamment dans le cas de parents vivant en concubinage et désormais séparés.
C’est très important d’acter le domicile principal de l’enfant.
En effet, de cette résidence, des droits et devoirs vont s’imposer non seulement aux responsables de la nouvelle tribu, mais aussi et surtout au parent de l’enfant, qui bénéficie du droit de visite.

Tout en cherchant à privilégier les solutions de bons sens, il faut tout de même ici rappeler quelques règles de base.
L’enfant, doit toujours être pris et déposé à son domicile, par le parent qui n’en a pas la garde exclusive. En effet, le domicile légal étant celui du parent qui en a la garde, l’autre parent doit prendre à sa charge, sauf disposition contraire dans un acte judiciaire (Acte de Divorce, par exemple) l’ensemble des frais de transport, mais aussi à l’obligation stricte de prendre et de ramener l’enfant à ce même domicile.
Certains parents décident de s’échanger les enfants dans des lieux neutres, pour lesquels chacun fait la moitié du trajet, d’autres s’organiseront pour ne pas se croiser en ramenant l’enfant uniquement à l’enfant ou chez un tiers.

Dans certains cas extrêmes, le juge aux affaires familiales peut décider d’utiliser les espaces de rencontre : "Des lieux pour préserver les relations entre parents-enfants
A l’occasion de crises et/ou ruptures familiales graves, les espaces de rencontre sont là pour aider au maintien ou au rétablissement des liens entre enfants et parents.
Animés et encadrés par des psychologues cliniciens, thérapeutes familiaux et travailleurs sociaux, les rendez-vous qui s’y déroulent sont ordonnés par les juges aux affaires familiales ou des juges des enfants. En 2007, près de 18 000 mesures ont été prononcées pour un droit de visites en espace de rencontre. Lieu d’étape parfois nécessaire, les espaces de rencontre protègent l’enfant et accompagnent les familles vers une relation autonome et équilibrée."

La prise et le retour de l’enfant peut aussi être encadré par des horaires eux aussi très stricts. Cela permet en cas de retards répétés de pouvoir les faire constater et entamer par des moyens pas toujours très agréables le manquement aux obligations de chacun.
Ce constat commence toujours par une inscription sur la " main courante" du commissariat de police du lieu de résidence de l’enfant.
Cette simple action suffit en principe à elle seule à remettre les règles à plat, et à voir les différentes obligations respectées.

Le Droit de visite

Les solutions sont nombreuses concernant le droit de visite et là encore, les parents ont intérêt à bien mesurer les conséquences de leur choix.
Bien évidemment le juge optera toujours pour une solution visant l’intérêt de l’enfant et dans la pratique, lorsqu’un droit de visite est demandé, il est fréquent que le juge en décide ainsi : 1 Week-End sur 2 et la moitié des vacances scolaires.

La notion de droit de visite élargi est facilement prise en compte également lorsqu’elle est demandée par un des 2 parents, et selon la situation et la disponibilité du parent qui la demande, cela pourra résulter par exemple avec un mercredi sur deux en sus.

Dans tous les cas, nous conseillons d’être très attentifs aux modalités précises concernant les horaires et les lieux d’échange de l’enfant afin d’éviter tout futur conflit.

Prenons l’exemple des vacances scolaires à gérer pour un couple séparé :

  • les vacances scolaires démarrent généralement un vendredi soir pour se terminer un lundi matin. Ainsi, lorsque l’on coupe en deux les vacances scolaires, il est d’usage de récupérer son enfant le vendredi soir après l’école, voire le Samedi matin.
  • en théorie les week-ends ne se coupent pas, mais nos vacances scolaires en France durent souvent 15 jours, alors comment gérer le week-end du milieu des vacances ?
    Une solution simple et équitable consiste à bénéficier du week-end du milieu une fois sur deux. Charge aux parents de trouver la bonne solution, cela peut aussi consister en couper le week-end en deux, le samedi soir.

La Garde Alternée

La garde alternée, très en vue il y a une dizaine d’année, fait de moins en moins d’émules. Si elle paraît équitable pour les parents, c’est l’intérêt de l’enfant qu’il faut prendre en considération. Une garde alternée suggère qu’il parte une semaine sur deux chez son autre parent, qu’il s’habitue et se déshabitue à chaque foyer pendant ce laps de temps, qu’il prenne le rythme de chaque parent chaque semaine, bref, qu’il s’adapte sans cesse tout en continuant à tout apprendre de la vie.
Beaucoup de familles ont choisi ce mode de garde et vivent très bien la garde alternée de leurs enfants.. Retrouvez les avantages et les difficultés de ce mode de garde dans notre article : Pour ou contre la garde alternée.

Lorsque nos enfants respectifs ne bénéficient pas du même droit de garde

Les quasi-frères ou sœurs, c’est-à-dire les enfants qui n’ont pas de lien du sang entre eux mais qui vivent ensemble, peuvent tout à fait s’épanouir et trouver leur place même s’ils sont présents par intermittence dans un des foyers. Si certains sont présents tout le temps, et d’autres un week-end sur deux uniquement, il est important que la place qu’ils trouvent dans la foyer de la famille recomposée ne soit pas dépendante du temps de présence.
Ainsi, si la place le permet, ne faites pas l’impasse sur une chambre individuelle pour chacun, où un défaut d’un espace qu’il aura choisi, personnalisé, avec une décoration ou autres artifices.
Gardez votre rythme de vie, vos habitudes, évitez de faire des choses extra-ordinaires pour compenser le temps où l’enfant est chez son autre parent, sinon, vous allez le faire vivre dans une bulle irréelle, lui laissant ainsi tout le loisir d’idéaliser sa vie avec vous.
Quand tous les enfants sont réunis dans le foyer, les mêmes règles existent pour tous, générant ainsi la notion d’équité au sein du foyer.

En conclusion, formaliser les règles de garde des enfants et précisez les autant que possible en cas de séparation, auprès du juge aux affaires familiales.
Idéalement, si vos enfants vont partager la vie des enfants de votre conjoint, essayez de vous caler sur un calendrier commun pour que tous les enfants passent le maximum de temps ensemble.
Et enfin, l’importance de l’enfant n’est pas lié à son temps de présence, un foyer harmonieux est un foyer cohérent, équilibré où tous les enfants trouvent leur place.

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