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Ministère des Familles : ce qu’on en pense !

mardi 8 mars 2016, par Easy Tribu

Que devons nous penser de la décision de François Hollande, renommant l’institutionnel ministère de la Famille, en ministère "des" Familles ?
L’Etat reconnaîtrait ainsi qu’il y a plusieurs type de familles : monoparentale, recomposée, homosexuelle, et qu’il convient de montrer qu’il souhaite les prendre en compte dans la politique familiale.
Nous pourrions donc nous en satisfaire, car nous pensons qu’il serait temps d’arrêter d’opposer famille traditionnelle aux autres familles, après tout, une famille est une famille ! Et il était évident, pour nous, qu’un ministère de la famille( sans "s") devait intégrer toutes les familles, quel dommage de devoir le préciser ....

Penchons nous sur le contenu de la politique familiale, et la manière dont le gouvernement pourrait aborder ce ministère.

Il y a 2 ans, l’annonce de la "loi Famille" n’était pas passée inaperçue, votée à l’assemblée nationale, avant d’être transmise au Sénat, et depuis plus de nouvelles. Abandon ? Report ? Modifications ?

Nous avions réagi fortement à cette loi, par la biais d’une pétition, dénonçant, les trop nombreuses dérives d’une telle loi, et le gouffre qu’elle mettait en évidence, entre la vraie vie et les nouvelles règles.

Aujourd’hui, nous sommes ainsi très attentifs à ce nouveau ministère, et nous affirmons haut et fort, les changements que nous souhaiterions constater :

Une réelle définition de l’intérêt supérieur de l’enfant

On en parle tout le temps, dans les tribunaux, dans le choix des décisions des juges aux affaires familiales, mais on a juste oublié de le définir ! C’est quoi, au juste, l’intérêt de l’enfant ?
En 1989, La convention Internationale des droits de l’enfants (CIDE) impose la notion d’intérêt supérieur de l’enfant , sans en apporter une définition exacte. En 2014, une réunion organisée à l’occasion du 25ème anniversaire du CIDE, visait à « dresser le bilan de la compréhension et de l’application de l’intérêt supérieur de l’enfant dans le contexte international et les différents contextes nationaux ».

Il est en réalité très difficile de définir une notion sur laquelle de nombreuses écoles s’opposent : oppositions doctrinales sur la psychologie de l’enfant (ce qui est bien pour lui), oppositions sur le droit de l’enfant au sein de la cellule familiale (rôle et intérêt du parent, de l’Etat ?), opposition sur la place de l’enfant (individu à part entière, propriété de l’adulte ?).

La conséquence de cette non définition, est qu’elle est finalement laissée au libre arbitre du juge, d’une part (et donc de ses croyances), et que d’autre part, qu’elle est sur-utilisée pour servir les intérêts de chacun : au nom de l’intérêt de l’enfant, je m’attribue un droit !

Le constat est alarmant, au nom de l’intérêt de l’enfant, c’est en fait l’intérêt des adultes qui va trop souvent prendre le dessus. Il a fallu une pétition de 5000 spécialistes de l’enfance pour expliquer aux parents et aux juges que la garde alternée pouvait être contraire à l’intérêt des jeunes enfants !

En l’absence de la définition de l’intérêt des enfants, nous sommes en train de pondre des lois dans l’intérêt des adultes !

Prendre acte de la séparation des parents, avec une autorité parentale "adaptée à la vraie vie"

Si des parents se séparent, ce n’est pas forcément pour que l’état s’impose en "remarieur".
Aujourd’hui, l’autorité parentale conjointe impose de prendre des décisions à deux, pour tous les actes non usuels de la vie de l’enfant, c’est à dire ceux qui ont un impact sur son avenir.

Ainsi, un parent qui ne voit pas son enfant, pourra décider de son avenir, simplement, parce-qu’il détient l’autorité parentale.
Ainsi, un ex-couple qui est en guerre, devra s’harmoniser pour parler des enfants.

Un nom et un statut automatique pour le beau-parent

Quel beau-père, le père de ton conjoint où le conjoint de ton ex-femme ? Les anglais ne se posent jamais cette question car il existe 2 termes pour parler d’un beau-père : father in law et stepfather.
Si on commençait par donner une entité unique au beau-parent, ce sera déjà un premier pas pour sa reconnaissance !!!

Un beau-parent est considéré, par la loi, comme un simple tiers aujourd’hui, pour l’enfant de son conjoint. Peu importe s’il vit avec lui 24h/2’h, s’il l’éduque, s’il le soigne, s’il le nourrit, s’il s’en occupe plus que son propre parent, il reste un simple tiers, ce fameux tiers de bonne foi, qui est supposé avoir l’accord tacite des parents pour s’occuper de leurs enfants.

Il est temps de reconnaître l’importance d’un beau-parent dans la vie de son bel-enfant :

  • parce-que "vivre avec" implique une relation différente
  • parce-qu’un véritable statut amènerait une dimension réelle de reconnaissance au sein des familles dont les plus grandes difficultés résident souvent dans les relations familiales. Il est possible que cela faciliterait donc grandement les relations beaux-parents / beaux-enfants (c’est l’homme/la femme qui participe aussi à mon éducation, à ma vie) mais aussi des ex- avec les beaux-parents (c’est l’homme/la femme qui prend aussi soin de mon enfant).

Lire aussi : Le droit des beaux-parents

Une protection plus rapide des familles

Violences physiques, psychologiques, non paiement de pension alimentaires, malheureusement, trop de femmes subissent aujourd’hui des comportements inacceptables d’hommes, qui n’hésiteront pas à se servir de tous les moyens, y compris des enfants, par désir de vengeance. L’inverse existe aussi.

Sans le soutien des associations, que nous admirons profondément, il y aurait davantage de drames familiaux, liés à des séparations.
Dés qu’il y a un enfant, il y a cette autorité parentale qui devient une véritable arme.
Un père enlève son enfant, ..... et un système qui agit après les drames. Les plaintes, les mains courantes, ne protègent, hélas, pas.

Le rôle d’un ministère n’est pas de dicter le rôle de chaque parent, comme il s’évertue trop souvent à vouloir le faire, mais à faire respecter les droits de chacun, et à prévenir des dangers certainement beaucoup plus rapidement. Sa vocation, au delà de la reconnaissance, aura pour mission d’organiser la vie de familles qui n’ont pas attendu cette annonce pour tenter de vivre normalement malgré des situations souvent exceptionnelles.


Le rôle d’Easytribu est de contribuer à aider toutes ces familles, qui se reconnaissent dorénavant dans ce fameux "S" apporté au Ministère des FamilleS, à mieux vivre.
Pour cela, nous aurons besoin de vous, de vos idées, de vos témoignages, pour continuer à exprimer nos convictions sur l’évolution de la politique familiale.

Nous pourrions commencer par un sujet un peu "fun", tenter d’imaginer tous ensemble comment nous pourrions trouver une nouvelle dénomination à ce beau parent, et ainsi apporter une première pierre à l’édification d’un statut reconnu. Donnez nous vos idées, ICI !

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