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Annoncer aux enfants l’arrivée d’un beau-père, d’une belle-mère

jeudi 3 avril 2014 , dernière modification : mercredi 9 septembre 2015, par Easy Tribu

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Comment dire à mon enfant qu’il va désormais vivre avec un beau-parent ? Comment présenter mon amoureux à mon enfant, comment lui expliquer que désormais nous allons habiter ensemble ?
Lorsque la décision de recomposer une famille est prise, nous craignons souvent la réaction de nos enfants. Nous nous souvenons toujours de l’annonce de la séparation et nous n’avons pas envie de les perturber à nouveau.

Nous vous suggérons des pistes pour vous guider dans cette étape importante qu’est l’annonce d’un changement de vie pour votre enfant.

Se mettre à la place de vos enfants

Avant de penser au discours que vous pourriez tenir à votre enfant, il faut savoir dans quel état d’esprit il se trouve en ce moment.
Les enfants qui vivent une séparation de leurs parents entrent dans un processus de deuil, le deuil de la famille d’avant, le deuil d’un papa et d’une maman qui vivaient ensemble. En connaissant les différentes étapes de ce processus, vous comprendrez mieux la réaction de vos enfants, et vous pourrez suivre plus facilement ce qui se passe dans leurs petites têtes. Sachez que ce processus est classique pour toutes les situations de "deuils" : la disparition d’un proche, la perte d’un emploi, une rupture amoureuse, ...

Les étapes du processus de deuil :

  1. Le déni : après le choc de l’annonce de la séparation de mes parents, ma première réaction est de nier la situation, de ne pas l’accepter, de ne pas l’intégrer : pendant cette période, l’enfant considère souvent que la séparation est passagère et que les parents vont se remettre ensemble.
    Si vous devez annoncer l’arrivée d’un beau-parent alors que votre enfant est encore dans le déni, il va falloir l’aider à intégrer réellement votre séparation. Parfois, ce sont les parents qui sont à l’origine du maintien de cette phase parce qu’ils ont un discours flou, parce qu’ils se posent eux-mêmes cette question. Rappeler que la séparation est non seulement réelle mais durable est incontournable pour que votre enfant ne reste pas longtemps dans le déni.
  2. La colère : à partir du moment où l’enfant a pris conscience de la séparation, la colère arrive. Je ne suis pas content de cette situation et j’ai besoin de l’exprimer, sous forme de cris, de pleurs. Parfois cette colère peut-être accompagnée d’une vague de marchandage ou de négociation, de vengeance, de volonté de blesser l’autre.
    La réaction de l’enfant qui apprend l’arrivée d’un beau-parent dans ce contexte peut être vive, brutale. S’il est en colère, vous risquez de l’accentuer. Laissez sortir toute cette rage, ne l’empêchez pas de pleurer ou d’exprimer son désaccord, il en a besoin. Soyez juste présent et rassurez vous, ce n’est qu’une étape du processus de deuil.
  3. La Peur : que vais-je devenir ? que vont devenir mes parents ? L’enfant a extériorisé sa rage et maintenant l’inquiétude, l’anxiété apparaissent. L’enfant se demande ce qui va changer dans son quotidien et les craintes peuvent être nombreuses, prenant soudainement beaucoup d’ampleur.
    L’annonce de l’arrivée d’un nouveau conjoint dans votre vie devra être accompagnée de tout ce qui pourra rassurer l’enfant : la description du beau-parent qui arrive, l’organisation des visites avec l’autre parent, l’organisation du quotidien ...
  4. La Tristesse : un des derniers sentiments négatifs lié au processus du deuil est la tristesse. C’est le moment où l’enfant a du mal à trouver de l’énergie, portant sur ses épaules la douleur de la séparation. Il peut se renfermer, se replier, il a ce terrible sentiment que plus rien ne pourra changer et qu’il ne peut plus rien faire. Il a du mal a profiter de sa vie, de ses amis, de ses activités. Cette phase de tristesse peut aller jusqu’à la dépression, avec ce sentiment de ne plus pouvoir avancer dans la vie, ne plus avoir envie de rien. Le sentiment de culpabilité peut également aussi ressortir à ce moment, lorsque l’enfant à l’impression finalement que ses parents se sont séparés à cause de lui.
    Face à un enfant triste, il est important d’insister des éléments qui peuvent lui rendre son sourire. En quoi la vie nouvelle va être plus belle qu’avant avec la reconstruction d’un nouveau foyer, en quoi la séparation a aussi contribué au bonheur de ses parents qui ne s’entendaient plus.
  5. L’acceptation : j’ai compris que je ne pouvais rien faire et que la situation était bien réelle. Mon raisonnement évolue et je prends en considération cette séparation dans tous les actes de la vie. J’ai pris du recul et finalement j’ai pesé les cotés positifs et négatifs de cette séparation pour tout le monde. Je peux enfin me concentrer à nouveau sur moi.
  6. La reconstruction / le rebond : je décide de reconstruire ma vie, de rebondir et je pense à nouveau au futur et aux nombreux projets.
    Lorsque votre enfant est dans ces phases d’acceptation ou de reconstruction, c’est plus simple d’annoncer l’arrivée d’un beau-parent. L’attention est portée alors sur la nouveauté, qui est ce fameux beau-parent, ou si l’enfant le connaît, en quoi sa vie va changer concrètement. Inciter votre enfant à vous poser des questions, à exprimer ce qui est important pour lui, ce dont il a envie ...

Toutes ces étapes du processus de deuil ont des degrés plus ou moins intenses selon les personnes et surtout une durée extrêmement variable.
Il est donc utile de bien décrypter les phases passées par votre enfant avant toute annonce, afin d’adapter au mieux la façon de présenter les choses.

Parler Vrai

Les enfants ne sont pas dupes, lorsqu’ils sont petits, ce sont de véritables éponges qui ressentent tout. Peu importe vos paroles, si elles ne sont pas en cohésion avec vos sentiments, vos enfants le sentiront.
Ne dites pas "tout va bien" si vous pleurez souvent. Il vaut mieux dire pourquoi on pleure, cela évitera à votre enfant de mauvaises interprétations ou des inquiétudes inutiles.
Lorsque les enfants grandissent, ils ressentent toujours et surtout il entendent beaucoup de choses. Une simple conversation est très vite captée par l’enfant qui comprend tout. Bien souvent, un enfant a perçu que son parent était à nouveau amoureux, avant même que ce soit devenu "officiel". Il a entendu des discussions téléphoniques, il vous a vu acheter des nouveaux vêtements, aller chez le coiffeur, faire un régime. Il a surpris un bisou, un geste de tendresse, un regard différent avec un "ami".

Un conseil simple est d’être le plus authentique et transparent possible avec ses enfants qui doivent sentir que vos paroles et vos actes concordent avec vos sentiments.

Ne culpabilisez pas à la simple idée de refaire votre vie
Vous avez le droit de ne plus aimer l’autre parent biologique de votre enfant, vous avez le droit de tomber amoureux (se) d’un(e) autre, vous avez le droit de désirer vivre avec un(e) autre personne.

Le choix des mots pour le dire sera adapté en fonction de l’âge de l’enfant.
Si vous avez un bébé, dites lui. Et oui, cela paraît absurde d’expliquer à un bébé ce qui se passe, mais il captera beaucoup plus de choses que vous pouvez le penser. Un enfant de 3 ans peut comprendre que vous êtes amoureux(se) d’une personne, que vous avez envie de vivre avec lui (elle), et ses enfants. Un enfant de 10 ans aura peut-être besoin de savoir comment vous avez rencontré cette personne, quelles sont les qualités qui vous ont attirées. Un adolescent se posera des questions sur l’autorité de chacun, la place de chacun dans la maison, il pourra aussi revenir sur les motifs de votre séparation avec son autre parent.

Lors de l’annonce il est important de donner vos intentions, la vie que vous souhaitez construire, la qualité des relations que vous souhaiteriez voir entre tous les membres de cette nouvelle famille.

Partagez votre rêve, votre projet avec votre enfant afin qu’il se projette avec vous.

Évitez les promesses, les projections trop précises que vous ne maîtrisez pas.
La famille recomposée se construit avec le temps et il est bien difficile de prévoir comment les choses vont se passer, notamment du point de vue des relations.
Un beau-père ne devient pas un second papa parce que vous le décidez, le fils de mon conjoint ne devient pas un "frère" de mon enfant parce que vous aimeriez qu’il en soit ainsi. Et surtout, évitez de lui mettre une pression sur les épaules en définissant à l’avance le rôle de chacun.

Réussir à obtenir la confiance de son enfant afin qu’il se confie facilement est certainement le plus important. Pour cela, votre transparence, votre présence, votre écoute, votre tolérance devront être présents à chaque instant.

Ne demandez pas l’avis de votre enfant, vous ne pouvez pas lui mettre cette pression et de toute façon il n’a pas à intervenir dans votre décision. En revanche, lui demander ce qu’il en pense, l’inciter à poser des questions vous permettra d’établir son état d’esprit.

Rappelez lui toujours l’importance qu’il a pour vous, souvenez vous que l’amour des parents est indispensable à son épanouissement. Il ne doit donc pas oublier que vous l’aimez et que la venue d’un beau-parent ne changera rien à cela. Il ne doit pas en douter, même si demain il va vous partager avec une autre personne.

Faut-il faire l’annonce avec le beau-parent

Tout dépend de la relation qui existait avant la décision de vivre tous ensemble. Parfois les enfants ont l’habitude de voir le nouveau conjoint et finalement cela évoque pour eux une simple formalité, voire une assurance sur la solidité de lien qui vous unit. Parfois, c’est une mauvaise surprise pour l’enfant qui ne souhaite pas vous partager, ou qui n’apprécie pas votre amoureux (se) qu’il a déjà rencontré.

Si vous faîtes l’annonce seul(e) :
Votre enfant vous parlera sans avoir à redouter la réaction du beau-parent et sera certainement plus libre dans ses paroles et les questions qu’il souhaitera vous poser.

Si vous faîtes l’annonce avec le beau-parent :
Il est intéressant que le beau-parent puisse réagir en direct, rassurer l’enfant, et constater sa réaction. L’avantage est aussi d’impliquer tout de suite le beau-parent dans un moment très fort de la vie pour l’enfant, signifiant l’importance qu’il a dans cette nouvelle famille recomposée.

Il n’y a pas de bonnes solutions, prenez celle qui vous paraît la plus adaptée à votre situation.

Dès l’arrivée du beau-parent dans la vie de votre enfant, il sera important de partir sur de bonnes bases. Vous êtes le futur beau-père, la future belle-mère et vous ne savez pas comment aborder ce nouveau rôle, suivez nos conseils pour bien démarrer votre relation avec l’enfant de votre conjoint.

Quand en parler ?

Vous êtes certain de votre choix, c’est le moment d’en parler à votre enfant. Le plus important est d’être certain, même si la vie est faite de rebondissements, de déceptions. Si vous ressentez au fond de vous que vous voulez construire avec le nouvel homme de votre vie, c’est le moment d’en parler à votre enfant.
Si vous avez tendance à vous trouver plein d’excuses pour ne pas en parler, c’est peut-être que votre choix n’est pas si certain. Un ex trop triste, un enfant qui ne supporte pas la séparation des parents, ou simplement la crainte de leurs réactions ne sont que des excuses.

Trouvez simplement le moment opportun pour en parler dans un contexte détendu, un lieu neutre, sans contrainte de temps.

Le ton doit être jovial car c’est une bonne nouvelle que vous souhaitez partager, celle d’avoir envie de construire un foyer avec le nouvel homme (nouvelle femme) de votre vie. Si vous avez des doutes, des craintes, ils seront perçus par votre enfant. Si vous êtes en confiance sur votre avenir et celui de votre enfant, cette confiance sera automatiquement transmise à votre enfant et de façon inconsciente lui apportera beaucoup de soutien.

Faut-il parler de l’autre parent ? Faut-il en parler à l’autre parent ?

Il peut-être nécessaire de rappeler à son enfant que son papa et sa maman seront toujours son papa et sa maman !
La venue d’un nouveau conjoint dans le foyer ne change en rien le rôle des parents qui gardent toute l’autorité parentale sur leurs enfants.
C’est uniquement en vivant ensemble que les rôles se définiront à nouveau.
Certains beaux-parents, avec le temps, remplaceront l’autre parent sur l’éducation, l’affection, la présence, ....
D’autres seront complémentaires avec le parent biologique.
D’autres encore ne s’impliqueront que très peu dans les relations avec leur bel-enfant.

Mais il est très difficile de le prévoir à l’avance.

Est-il important que le parent séparé apprenne l’arrivée d’un nouveau conjoint ?

Oui si les parents s’entendent bien ! C’est toujours plus facile pour l’enfant de voir que son père ou sa mère accepte tout à fait cette arrivée.
Non, si les parents séparés ne se parlent plus ! Lorsqu’il n’y a pas de communication, inutile de provoquer des tensions. Dans ce cas, l’enfant sera libre d’en parler comme il le souhaite, quand il le souhaite, à son autre parent.

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