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Etre belle-mère, faut-il s’impliquer ou prendre de la distance avec les enfants de votre conjoint ?

samedi 7 février 2015 , dernière modification : mercredi 9 septembre 2015, par Easy Tribu

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Comment trouver sa place lorsqu’on est belle-mère ? D’un côté, une belle-mère partage le quotidien de l’enfant de son conjoint, au rythme des droits de visite, et participe ainsi à sa construction . D’un autre coté, elle n’a aucun rôle reconnu dans l’éducation de son bel-enfant, car elle ne détient pas l’autorité parentale. Le gouvernement quant à lui se positionne clairement sur la volonté d’impliquer les deux parents sur tout ce qui concerne l’enfant, demandant ainsi aux ex- d’entrer dans le quotidien des belles-mères !

Inutile de préciser que les choses ne sont pas simples, et qu’une belle-mère doit être une sacrée équilibriste si elle souhaite préserver son couple et tous les enfants du nouveau foyer.

A la question, faut-il s’impliquer ou prendre de la distance, nous avons répondu : « les deux mon capitaine ! ».

Voici nos 8 conseils :

1. Accepter la relation père/enfant

L’amour entre un parent et un enfant ne se dicte pas, il s’impose et dépend de chaque personne. Il peut ne pas se comprendre, il peut se juger mais dans tous les cas, il doit s’accepter tel qu’il est.

Lorsque vous décidez de vivre avec un homme qui a des enfants, vous n’avez pas d’autres choix que d’intégrer la relation qu’il a et qu’il souhaite avoir avec ses enfants.

Dans 90% des cas, les enfants vivent avec leur mère et ne voient leur père qu’au rythme du droit de visite et d’hébergement.

L’enfant se partage déjà ses parents, il doit en plus partager son père avec sa belle-mère. La notion de temps devient ultra importante et beaucoup d’enfants peuvent avoir cette sensation d’être privé d’un père en raison de la simple présence d’une belle-mère

Encourager la relation d’un père avec ses enfants est une clé très importante dans la réussite d’une famille recomposée. Inciter un père à passer des moments seuls avec ses enfants est fondamental car cela leur permet de faire évoluer une relation malgré la séparation.

2. Construire une relation unique avec les enfants

L’amour ne se commande pas, et ce n’est pas parce que l’on tombe amoureuse d’un homme que l’on va forcément aimer ses enfants comme ses propres enfants. Et pourtant, l’enfant a énormément besoin d’amour pour se construire, pour se rassurer, d’autant plus s’il a vécu l’épreuve de la séparation.

Les liens se tissent avec le temps et il ne faut pas chercher à aller plus vite que la musique. Vous avez le droit de ne pas supporter les enfants de votre conjoint, mais vous avez aussi la possibilité de faire évoluer cette situation, situation pour laquelle nous avons consacré un article complet : je ne supporte pas l’enfant de mon conjoint

La considération que l’on porte à un enfant est une première réponse au besoin d’amour. Montrer que l’on considère un enfant c’est l’écouter, c’est lui poser des questions, s’intéresser à ce qu’il est, à son avis, et lui montrer des marques d’attention. Il faut accepter que l’enfant puisse être en colère, puisse vous rejeter, un certain temps, cela fait partie du processus du deuil de la séparation des parents. Si vous rejetez un enfant à cause de son attitude, il vous rejettera. Si vous vous intéressez à lui, petit à petit, il viendra vers vous. Bien démarrer la relation avec l’enfant de son conjointrevêt toute son importance pour gagner du temps.

Le temps fera ensuite son chemin et la nature de votre relation évoluera en fonction de vos personnalités respectives et de vos souhaits.

Il n’y a rien à imposer dans la relation, elle doit être naturelle et unique pour fonctionner


.

3. Assumer votre rôle dans l’éducation de l’enfant de votre conjoint

Vivre avec un enfant, c’est lui transmettre vos valeurs, vos principes, votre vision de la société, simplement parce que vous les incarnez dans vos actes quotidiens.
Que vous souhaitiez ou non vous impliquer dans l’éducation des enfants de votre conjoint, le fait d’être présent et d’en partager la vie vous donne un rôle.

Vos valeurs se transmettront d’autant plus fortement qu’elles seront exprimées fortement et qu’elles seront associées à une idéologie forte (religieuse ou autre), où qu’elles symboliseront la réussite pour un enfant.

Paradoxalement, le débat autour de l’autorité parentale, vous décharge de l’éducation des vos beaux-enfants, en réaffirmant haut et fort l’autorité parentale conjointe. Mais dans les faits, à partir du moment où vous intégrez la vie d’un enfant, vous serez observé, écouté, vos valeurs seront testées par les enfants de votre conjoint, parfois rejetées, ou adoptées.

Alors si parfois vous avez l’impression que vous n’êtes présente que pour les corvées, et que vous n’avez pas votre mot à dire sur l’avenir de votre bel-enfant, souvenez vous que de toute façon vous aurez de l’influence dans la vie de l’enfant :

  • En exprimant vos convictions auprès du père de l’enfant, avec parfois le recul qu’un parent n’a pas
  • En incarnant et donc en transmettant vos valeurs
  • En apportant un autre regard à votre bel-enfant par vos échanges

Il est important de prendre conscience du rôle que vous allez ainsi jouer dans la vie d’un enfant, rôle non reconnu et pourtant extrêmement présent, celui de transmettre vos propres valeurs !

4. Donner du sens à votre autorité

La belle-mère a souvent ce rôle ingrat d’autorité, pour plusieurs raisons :

  • Un père qui abandonne son autorité sur son enfant par culpabilité ou parce qu’il ne vaut désormais passer que des bons moments (démissionnant ainsi de son rôle d’éducateur)
  • La gestion, l’organisation, la logistique d’une grande famille, rôle souvent attribué à la femme dans notre culture mais aussi parce qu’elles travaillent moins

Et puis il y a l’excès inverse, d’une belle-mère qui n’ose pas intervenir :

  • Parce qu’elle porte en elle le poids de la culpabilité de priver un enfant de son père ou de sa mère
  • Parce qu’elle craint que cela nuise à sa relation avec les enfants
  • Parce que n’ayant pas l’autorité parentale, elle estime que ce n’est pas à elle d’intervenir

Les enfants ont besoin d’un cadre pour grandir, ce cadre qui permet de vivre en société, en collectivité. C’est le rôle de la famille, de l’école et de la société de lui donner les repères, et les normes. C’est alors bien évidemment aussi le rôle d’une belle-mère dans la mesure où elle partage, à temps partiel, sa vie.

Étant donné que l’enfant vit dans deux foyers, il peut être perturbé de constater que les règles diffèrent d’un foyer à l’autre, les rendant ainsi moins incontournables, voire caduques.

Il est donc important de donner du sens à l’autorité afin qu’elle puisse être comprise pour être mieux respectée. « chez maman je peux regarder la télé toute la journée car elle considère que cela fait aussi partie de la culture, chez ma belle-mère, je n’ai pas le droit car elle considère que les programmes télé ne sont pas assez enrichissants ». L’avantage de partager 2 foyers avec des règles différentes, c’est aussi d’ouvrir l’esprit et de prendre du recul, dans notre cas, la télé n’est pas bonne ou mauvaise, elle a des qualités et des défauts !

5. Être soutenue par le père

Le rôle du père est essentiel dans une famille recomposée. Il doit être très clair avec ses enfants, avec son ex-femme, avec vous.
C’est le père qui vous donnera la légitimité vis-à-vis de ses enfants en expliquant qui vous êtes, ce que vous représentez pour lui et ses enfants, le rôle que vous allez jouer dans leur vie.

Il expliquera ce qu’il attend de ses enfants à votre égard.
Il imposera votre autorité, votre respect, et cela vous permettra d’imposer les règles pour lesquelles vous avez donné du sens.

La manière d’annoncer votre arrivée dans sa vie est une étape cruciale dans votre future relation avec ses enfants.

Il n’est jamais trop tard pour demander aux enfants de votre conjoint ce que vous représentez pour eux, quel est votre rôle et de demander au père d’intervenir si nécessaire pour rectifier.

Par ailleurs nous lisons souvent qu’un père doit s’investir dans les tâches quotidiennes qui concernent les enfants, tels que donner un bain, faire les devoirs, … Nous pensons qu’il n’y a pas de règles. Il est vrai que les pères séparés ont tendance à plus s’investir dans le partage des tâches qui concerne leurs enfants, cela leur permet de garder une relation avec eux et cela évite parfois de laisser le sentiment aux belles-mères qu’elles ne sont là que pour les corvées ! Mais il y a des belles-mères qui s’épanouissent aussi dans ce rôle, c’est donc davantage une question de personnalité.

6. Rappelez que vous n’êtes pas à l’origine de la séparation des parents

Il faut parfois un bouc émissaire à une colère et la belle-mère est la personne idéale. Souvent accusée d’être à l’origine de la séparation des parents, une belle-mère est la parfaite coupable qui permet à un enfant de ne pas en vouloir à ses propres parents. Et même lorsque elle arrive après un divorce, elle sera toujours celle qui empêchera les parents de se réconcilier et de se remettre ensemble.

Une belle-mère, c’est ainsi pratique pour les enfants dans la mesure où elle permet de conserver l’image idéale du père et de la mère.

Il est important d’expliquer aux enfants que l’on ne divorce pas à cause d’une tierce personne, mais à cause d’un problème de couple avant tout. Les « papas » doivent prendre le temps de faire comprendre à leurs enfants que la belle-mère n’est pas à l’origine de la séparation, avec des mots adaptés à la maturité de l’enfant.

7. Prendre de la distance avec la mère de l’enfant

Parfois les relations entre mère biologique et belle-mère sont excellentes et dans ce cas « pourvu que ça dure !!! »

Mais souvent, les tensions s’accumulent générées par de nombreuses raisons : les belles-mères sont accusées de vouloir prendre la place de la mère, les mères accusées d’être trop intrusives dans la vie de la belle-mère, les critiques dans les deux sens se portent plutôt bien.

Vous n’avez pas de compte à rendre à la mère des enfants de votre conjoint et elle n’a pas à vous imposer ses choix.

Vous avez choisi un Homme, ses enfants font partie de lui, mais son ex-femme appartient au passé et votre obsession est de vivre dans le présent et de vous projeter dans le futur.

Voici quelques astuces qui vous aideront à imposer de la distance entre votre foyer et la mère des enfants de votre conjoint :

  • Un planning annuel concernant la gestion des vacances et du droit de visite permet de limiter les échanges, de clarifier l’organisation, d’anticiper et de limiter les désaccords.
  • La formalisation évite les malentendus et les discussions sans fin sur tout ce qui concerne les enfants.
  • Ne vous mettez pas en concurrence avec la mère des enfants de votre conjoint, au risque de développer un sentiment de jalousie qui ne fera qu’entrainer des tensions.
  • Parlez à votre conjoint de vos ressentis, de vos difficultés, de vos besoins car il a pu passer à côté et ne pas les voir !

8. Préservez votre foyer

Le débat se focalise systématiquement sur le rôle de chaque parent après une séparation, il commence à intégrer la présence d’un beau-parent lui cherchant un éventuel statut, mais il ne prend jamais en considération les enfants du beau-parent.
Car une décision qui affecte l’enfant d’un père, affectera bien évidemment l’ensemble d’un foyer recomposé.

Une belle-mère doit ainsi jongler entre ce qui est bien pour l’enfant de son conjoint et ce qui est bien pour ses propres enfants, mais aussi entre ce qui est bien pour les enfants et ce qui est bien pour son couple.

Le meilleur moyen d’y parvenir, c’est de considérer que la famille recomposée est devenue une famille à part entière, et l’on ne peut pas décider pour un enfant sans mesurer l’ensemble des conséquences pour tous les autres enfants du foyer.

Être belle-mère, c’est donc s’assurer, avec l’aide de son conjoint, que le foyer est systématiquement protégé et évaluer ainsi les conséquences de chaque décision sur vos enfants, ceux de vos conjoints et le couple.

A la lecture de ces conseils, nous comprenons aisément qu’être belle-mère c’est finalement s’impliquer et prendre de la distance avec les enfants de votre conjoint :

  • S’impliquer dans la transmission de vos valeurs, dans la relation que vous souhaitez avoir avec les enfants, dans la préservation de votre foyer et des relations entre un père et ses enfants, dans la communication du couple.
  • Prendre de la distance avec la mère des enfants, avec l’autorité parentale, avec le temps pour construire les liens, avec le sentiment de culpabilité, avec les personnalités de chacun.
    Il n’y a pas de modèle de belle-mère parfaite mais il y a des pièges à éviter.

Ces conseils s’appliquent évidemment aux beaux-pères, pour lesquels nous consacrerons un article plus ciblé prenant en compte leur spécificité.

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