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Les enfants de mon conjoint ne m’acceptent pas : pas si sûr !

jeudi 21 janvier 2016, par Easy Tribu

Belle-mère, beau-père, les questions affluent sur ce même thème : comment me faire accepter par les enfants de mon conjoint ? L’impression d’être inexistant au yeux d’un enfant, de le braquer, de ne pas être écouté, ou pris en considération, se multiplient dans les témoignages des beaux-parents.
Et la conclusion fatidique arrive, celle de penser que les enfants de votre nouveau conjoint ne vous aime pas, ne vous acceptera jamais, et que la construction de votre famille recomposée, que vous imaginiez comme un beau roman, est en train de prendre l’eau. Car lorsqu’il y a des tensions entre enfants et beaux-parents, il y aura forcément des tensions dans votre couple.

Et si vous vous trompiez ? Et si vous interprétiez mal les attitudes de vos beaux-enfants ?

Nous pensons, qu’un enfant qui n’accepte pas son beau-parent n’existe pas. Notre objectif, sera d’en faire la démonstration à travers des questions que nous allons vous poser. L’idée est de vous amener à reconsidérer l’essence même de la difficulté de votre relation avec les enfants de votre conjoint.

Et vous, acceptez-vous ses enfants ?

"Apprendre à se connaître est très difficile [...] et un très grand plaisir en même temps (quel plaisir de se connaître !) ; mais nous ne pouvons pas nous contempler nous-mêmes à partir de nous-mêmes : ce qui le prouve, ce sont les reproches que nous adressons à d’autres, sans nous rendre compte que nous commettons les mêmes erreurs, aveuglés que nous sommes, pour beaucoup d’entre nous, par l’indulgence et la passion qui nous empêchent de juger correctement", Aristote.

Si vous avez ce sentiment que l’enfant de votre conjoint ne vous accepte pas, il est temps de vous poser la question en sens inverse : acceptez-vous l’enfant de votre conjoint, et pense-t-il que vous l’acceptez  ?

Attention, accepter n’est pas tolérer ou considérer que l’enfant fait parti d’un "package" (mon conjoint et ses enfants). Accepter, c’est avant tout accueillir l’enfant de votre conjoint, le considérer comme une personne à part entière (et non comme uniquement le fils ou le fille de ...), l’intégrer dans votre vie comme un enfant, comme une personnalité, avoir envie de construire votre vie avec lui.
Quelles sont les manifestations de votre acceptation, et est-ce que l’enfant peut les interpréter comme telle ?

Qui accepte qui, est une question fondamentale à se poser. Et nous aurions tendance à penser qu’un enfant qui n’accepte pas un beau-parent, c’est certainement aussi le reflet d’un beau-parent qui a du mal à accepter un enfant ? Qu’en pensez-vous ?
Ce n’est pas le moment de vous culpabiliser, mais certainement celui de se rappeler que vous avez aussides raisons multiples de ne pas supporter l’enfant de votre conjoint.

Les deux parents vous acceptent-ils ?

Votre conjoint, père ou mère des enfants, vous a choisi pour partager sa vie, et vice versa (enfin nous l’espérons ! ). Mais quel rôle vous donne-t-il vis à vis de son enfant ? Vous délègue-t-il une partie de son autorité parentale, un rôle dans l’éducation, une posture dans la famille ? Est-ce exprimé clairement, avec des mots, devant les enfants ? Ou bien, vous met-il à distance (souvent involontairement d’ailleurs) ?

L’autre parent de l’enfant, au contraire, vous a rarement choisi et a toutes les bonnes fausses raisons de ne pas vous accepter : peur de perdre son statut de "papa ou maman" avec un papa ou maman de remplacement, jalousie, ...S’il ne vous accepte pas, comment voulez vous que son enfant vous accepte naturellement ?

L’enfant est très influencé par ses deux parents, et la manière dont chacun de ses parents vous intègre dans la vie de leurs enfants aura un impact majeur sur votre relation avec ce dernier, surtout les premiers mois.

Il est donc indispensable de prendre conscience des discours respectifs de chacun des parents pour mieux comprendre l’attitude des enfants de votre conjoint vis à vis de vous.

Et si ce que vous preniez pour du rejet était en réalité un appel ?

"Paul ne m’écoute pas, il refuse mon autorité"," Delphine ne me calcule pas, elle m’ignore totalement"," Adrien me parle mal, il est insolent". Les enfants sont très forts pour s’exprimer au travers des attitudes.
Mais tant qu’il y a des conflits, de l’indifférence, de la colère, il y a une certaine manière de communiquer, et une volonté de transmettre des sentiments.
L’enfant qui provoque, à travers son attitude, souhaite attirer votre attention. C’est l’occasion de répondre présent à son appel.
Comment ? En considérant, d’abord, que son rejet est certainement l’expression de craintes, et de peurs.

La peur, plus que la "non acceptation"

L’arrivée d’un beau-parent dans un foyer est très déstabilisante pour un enfant aussi bien sur un plan pratique, qu’émotionnel. Les habitudes vont changer, la vie quotidienne va évoluer, et le monde de l’enfant commence doucement à s’écrouler. Cet enfant qui a tant besoin de sécurité pour s’épanouir et se construire.
Et puis il y a l’amour des parents. La peur de devenir moins intéressant pour son père ou sa mère, d’être remplacé, de ne plus être le centre du monde.

On comprenant qu’un enfant qui n’accepte pas son beau-parent est dans 90% des cas un enfant qui est en crainte, il est beaucoup plus facile de faire évoluer une relation.

La question soulevée est alors : en quoi est-ce que je représente un danger pour lui, en tant que beau-parent ? .

"J’ai cru longtemps que Mathis ne m’accepterait jamais en tant que belle-mère et puis un jour , j’ai compris qu’il était simplement en souffrance. J’ai commencé par lui dire que je l’aimais et que je voulais prendre soin de lui, que j’étais perturbé car mes principes éducatifs étaient différents de ceux qu’il avait reçu (pas meilleurs mais différents), et puis je lui ai demandé s’il voulait que je change quelque chose dans mon attitude avec lui. Il avait alors 10 ans et n’a pas su me répondre. Mais quelques temps après, il est venu me parler d’une dispute avec un de ses copains et il voulait que je l’aide à trouver une solution. Nos relations ont changé petit à petit, il a fallu du temps mais surtout une prise de conscience pour je ne me braque pas et m’ouvre à lui", témoigne Marie F.

Marie apporte une superbe conclusion à cet article. C’est en comprenant que Mathis ne demandait qu’à l’ accepter, en tant que belle-mère, que Marie a trouvé comment faire évoluer leur relation.

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