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Quasi-frère, demi-frère ou frère, quels termes choisir ?

lundi 17 mars 2014 , dernière modification : mercredi 9 septembre 2015, par Easy Tribu

Comment appeler l’enfant du mari de ma mère, ou de la femme de mon père ? Dois-je dire ma demi-sœur, ma quasi-soeur, la fille de la copine de mon père ? Les enfants qui vivent ensemble mais issus d’une union différente se posent régulièrement cette question de la définition de leur lien de parenté.
Rajoutez un enfant du nouveau couple dans la famille, et la description de la famille peut devenir très longue : " Thomas, c’est mon demi-frère du coté de ma mère, je le vois une semaine sur deux, Juliette est la fille du mari de ma mère".

La relation entre les enfants d’une famille recomposée : quels mots utiliser ?

Nous allons faire le tour des différents vocabulaires qui existent aujourd’hui pour définir la relation entre enfants vivant sous le même toit mais d’unions différentes.

Demi-soeur ou demi-frère : sœur ou frère ayant un seul des deux parents en commun.

Quasi-soeur ou quasi-frère  : personne n’ayant pas de lien du sang, mais considéré comme un frère est la définition que nous trouvons dans un dictionnaire.
A.et J.P Sauzède en donnent la définition suivante : « [le terme de] quasi-frère, et sœur désigne les enfants qui sont en lien de fratrie dans la famille recomposée par l’un de leurs parents, mais n’ont aucun parent biologique commun tout en vivant ou pas ensemble sous le même toit » (Sauzède, Sauzède-Lagarde, 2005, p. 185).
Nous avons réalisé un test rapide et constaté très vite que le terme de quasi- soeur ou frère était très peu connu et pratiquement jamais utilisé.

Frère ou sœur par alliance : cette expression à l’origine créée pour définir le conjoint de mon frère ou de ma sœur, est également utilisée pour définir l’enfant de mon beau-parent dans ma famille recomposée. L’alliance signifie que je n’ai pas de lien de sang avec ce dernier mais qu’il devient mon frère ou ma sœur du fait de l’alliance de mon père avec ma belle-mère par exemple.

Faux-frère ou Fausse-soeur : parfois utilisé par les enfants qui n’ont pas trouvé d’autres appellations. Évidemment, ce terme nous fait trop penser au coté négatif de la relation d’un frère qui trahi.

Faut-il une règle pour définir l’appellation entre enfants qui n’ont pas de liens de sang et qui vivent sous le même toit ?

Marie, 10 ans, revient de l’école un soir mécontente et en colère. Alors qu’elle racontait son week-end avec son frère, Paul, une amie l’interpelle, lui disant qu’elle ne devait pas dire son frère à propos de l’enfant de sa belle-mère parce que ce n’était pas son vrai frère. Marie s’était certes posée cette question au début de la relation entre son père et sa belle-mère passant par plusieurs phases. Au début elle expliquait que c’était l’enfant de sa belle-mère. De lassitude de réexpliquer tout le temps la situation de sa famille et pour faire simple, elle décida de parler de son frère tout simplement , et à ceux qui s’intéresseraient de plus près à sa vie, elle prendrait le temps d’expliquer précisément la relation entre elle et Paul. Enfin, après quelques temps de vie commune avec Paul, c’est la force des sentiments qui prirent le dessus : elle considérait Paul comme son frère et le nommait donc ainsi auprès de tout le monde.
Marie est blessée, elle avait fait son propre chemin et a beaucoup de mal à se faire cadrer par une amie sur ce sujet. Pour autant, elle ne changera pas et continuera à appeler Paul son frère, parce qu’elle le considère comme son frère.

La meilleure solution est de laisser choisir les enfants sur la façon dont ils souhaitent parler des enfants qui vivent avec eux dans les familles recomposées.

Certains parents imposent à leurs enfants un "titre" pour les enfants de leur conjoint : "tu l’appelleras ton frère car c’est ta nouvelle famille, et tu dois le considérer comme ton frère !". En faisant cela, vous ne laissez pas le temps à votre enfant de trouver sa place dans ce nouveau foyer, vous risquez de le brusquer et d’obtenir un contre résultat. Ne lui imposez rien, expliquez que vous aimeriez que la relation entre tous les enfants soit aussi forte qu’entre frères et sœurs, que vous allez considérer tous les enfants comme une grande fratrie. La façon dont votre enfant parlera de l’enfant de votre conjoint en dira beaucoup sur son état d’esprit, alors restez ouverts et attentifs sans rien imposer.
Nous pourrions d’ailleurs élargir cette règle à l’appellation d’un beau-parent, ou d’un grand-parent.

Le cœur a cette magie d’être sécable à l’infini en ce qui concerne les sentiments. Nous pouvons avoir 1 ou 10 enfants et les aimer avec exactement la même intensité. De la même manière, un enfant pour avoir un frère de sang, un demi-frère et un quasi-frère et les aimer avec autant d’intensité. Un bel-enfant peut décider d’appeler papa, son père biologique et son beau-père, cela pourra simplement dire qu’il considère les deux comme "son père", certainement pour des raisons différentes.

L’important reste l’équilibre d’un enfant, son bien-être, la compréhension de son identité, si ces trois facteurs sont réunis, ne vous inquiétez pas des termes qu’il choisira pour identifier les membres de sa nouvelle tribu.

Doit-on ouvrir le débat sur l’inceste ?

En lisant plusieurs articles sur les fratries élargies des familles recomposées, nous avons été très surpris de trouver des mises en garde contre l’inceste. La question est effectivement posée sur la relation entre quasi-frères et sœurs, qui n’ont pas de liens de sangs, qui se considèrent comme frères et sœurs et qui un jour décideraient de se marier par exemple. Dans l’histoire, on retrouve de telles unions, parfois mêmes souhaitées pour la conservation d’un patrimoine. Pour Freud, on retrouve un interdit total aux rapports sexuels entre membres d’une même "tribu totem".
Nous n’allons pas ouvrir ce débat, vous trouverez des courants de pensée très opposés, à vous de vous forger vos convictions.

Dois-je m’inquiéter parce que ma fille préfère l’enfant de mon conjoint à son propre frère ?

"Je n’aime pas mon frère ou ma sœur", c’est une phrase bien connue des parents, passagère parfois, plus profonde et durable d’autres fois. Certains frères et sœurs sont en concurrence vis-à-vis de leurs parents, n’acceptent pas de partager leurs parents ou ne s’entendent pas tout simplement. Dans les familles recomposées, il peut arriver que la relation soit plus forte entre deux quasi-frères ou sœurs et surtout, il ne faut pas s’en inquiéter.
Contrairement aux fratries du même sang, les enfants qui n’ont pas de liens de parenté sont "débarrassés" de l’impact de la relation avec leur parent dans la construction de leur relation.
La personnalité même des enfants peut aussi avoir une influence très grande. votre enfant peut être simplement davantage attiré par la personnalité de son quasi-frère que celle de son propre-frère.
Ensuite, le fait de vivre ensemble, même partiellement, solidifie la nature des sentiments en créant des souvenirs communs, en partageant des expériences fortes, en se construisant ensemble dans un cadre commun.
Enfin l’âge ou le sexe peuvent être des éléments qui interfèrent beaucoup dans la relation entre les enfants qui vivent sous le même toit. Il est souvent plus évident de partager des choses au commun au même âge, les centres d’intérêts peuvent être plus proches pour deux enfants du même sexe, ...etc
En conclusion, il est tout à fait envisageable qu’un enfant dise "préférer" son quasi-frère ou sa quasi-soeur" et cela démontre, au contraire, la solidité des liens dans une famille recomposée. La vigilance devra se porter uniquement s’il y a rejet total d’un des enfants, que ce soit son frère, son demi-frère ou son quasi-frère.

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