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Comment éviter l’échec scolaire lorsque les parents sont séparés ?

jeudi 4 septembre 2014 , dernière modification : mardi 8 septembre 2015, par Easy Tribu

Les enfants de parents divorcés ont des moins bons résultats à l’école. Le choc psychologique de la séparation, le changement du niveau de vie, d’organisation, impactent clairement leur réussite scolaire. Comment gérer les difficultés d’un enfant à l’école, comment compenser l’absence d’implication de l’autre parent ou les désaccords entre parents sur le suivi scolaire ? A chaque rentrée, les familles recomposées et les familles monoparentales se concentrent sur les bonnes habitudes à prendre pour que leurs enfants réussissent leur année.

Après avoir constaté la nature des difficultés des enfants en cas de rupture des parents, nous nous sommes concentrés sur les solutions garantissant toutes les chances de réussite scolaire de ces enfants.

Le constat : la réussite scolaire moindre en cas de séparation des parents

En 2002, une étude de l’INED affirmait que les enfants de couples divorcés risquaient davantage l’échec scolaire.

• « La séparation des parents avant la majorité de l’enfant réduit la durée de ses études de 6 mois à plus d’un an en moyenne »,
• « Dans les milieux favorisés, le taux d’échec au bac double en cas de séparation passant de 7% à 15% », les chances d’obtenir un diplôme universitaire chutent de 45% à 25% si les parents ont rompu leur relation ».
• Pour les enfants d’ouvriers, lorsque la mère n’est pas diplômée et qu’elle est séparée du père, un enfant sur deux quitte le système scolaire sans aucun diplôme, contre un sur trois lorsque les parents sont ensemble.
• Chez les enfants d’employés, le constat est le même, avec un taux d’accès au baccalauréat en chute de 23 points lorsque les parents sont séparés.

Si le divorce s’est banalisé, et si le baccalauréat est devenu de plus en plus accessible, les écarts de réussite se sont malheureusement maintenus entre les enfants qui ont connu la désunion des parents avant leur majorité et ceux qui en ont été préservés.

Les raisons évoquées pour expliquer ce constat sont nombreuses, parmi-elles nous retrouvons le contrôle scolaire peut-être moins important lorsque les parents sont séparés, les conflits et tensions qui persistent après une rupture, des ressources économiques amoindries dans les familles dissociées. On peut y ajouter une demande systématique à l’enfant de s’adapter aux nouvelles organisations de chacun des parents, dont la vie se rythme au travers des droits de visite, et parfois des kilomètres avalés pour rejoindre un parent.

Si les chiffres démontrent malheureusement que les enfants sont bien impactés dans leur réussite scolaire par un divorce, que l’on se rassure, une fois adultes, ils n’auraient aucune difficulté à s’insérer dans la vie professionnelle.

Les difficultés rencontrées, liées à la séparation de leurs parents, leur ont aussi appris à surmonter les obstacles et à s’adapter plus rapidement aux aléas de la vie.

Notre objectif est ici d’alerter les parents séparés sur les risques plus importants d’échec scolaire de leur enfant, mais aussi de les aider à accompagner leurs enfants afin qu’ils ne gâchent pas une partie de leur scolarité.

S’adapter aux enfants en ciblant les actions efficaces lors de nos temps de garde

Après un divorce on peut se sentir bien seul(e) lorsqu’il s’agit de suivre la scolarité de son enfant. La démission de la parentalité est fréquente, surtout lorsqu’il s’agit du suivi scolaire et des devoirs ! Certains se réfugient facilement derrière le manque de temps, cachant plus souvent un manque de motivation. D’autres, prétextent ne pas profiter suffisamment de leurs enfants, à raison d’un week-end sur deux seulement, et se dédouanent assez facilement de la corvée de devoirs.

Les astuces pour gagner du temps et de l’efficacité dans l’accompagnement scolaire de votre enfant :

  • Le suivi en classe, les devoirs font partie de la responsabilité de votre enfant. Il est parfois utile de rappeler que ce ne sont pas les devoirs des parents mais bien ceux des enfants. Il est inutile de vous acharner à passer des heures à faire faire les devoirs, passez plutôt votre temps à le responsabiliser et le rendre autonome. Par exemple, mettez vous d’accord sur un objectif et laissez choisir la méthode à votre enfant : « Tes devoirs doivent être terminés à 19h, tu décides de l’organisation pour atteindre cet objectif ». Si l’objectif n’est pas atteint au bout de 3 essais, à vous d’imposer la méthode !
  • Il vous faut absolument appréhender ce qui motive/démotive votre enfant pour l’accompagner tout au long de sa scolarité. C’est le levier le plus important dans la réussite scolaire. Les motivations peuvent être totalement variable d’un enfant à l’autre : les copains, les jeux à la récré, faire plaisir à ses parents, la relation avec un professeur, être premier de sa classe ….
  • Conjointement à la motivation, il va falloir comprendre son mode de fonctionnement : son rythme, sa manière d’apprendre et de retenir, … Vous gagnerez beaucoup de temps à vous adapter à votre enfant pour lui permettre de suivre son mode de fonctionnement. Certains ont besoin de calme, d’autres de musique pour travailler, certains apprennent en lisant, d’autres en écrivant, ....
  • Une aide qui lui sera précieuse tout au long de sa scolarité est de s’assurer que les leçons sont comprises (et non seulement apprises pas cœur).
  • S’énerver est inutile, même s’il est parfois difficile de contrôler ses nerfs et sa patience ! Il y a les enfants qui mettent de la mauvaise volonté, d’autres qui ne raisonnent pas comme vous. Rappelez vous que vous n’êtes pas enseignant et que les méthodes pédagogiques peuvent vous échapper. Si votre soupape se met en pression, faites une pause, se sera plus constructif pour vous et votre enfant.
  • Faites le tour de toutes les aides externes qui existent et qui vous aideront à suivre votre enfant selon ses besoins : soutien gratuit à l’école, associations, grands-parents, …
  • L’environnement de travail de votre enfant est primordial. Il n’a pas toujours la chance d’avoir son espace personnel chez chacun de ses parents. Un enfant travaille mieux dans un cadre approprié, où il pourra s’isoler pour mieux se concentrer, dans un environnement qu’il aura pu personnaliser.

Toutes ces astuces répondent au même constat : l’enfant est unique. Votre rôle consiste davantage à répondre à ses besoins, qui lui sont propres, qu’à lui imposer votre méthode.

Réagir au manque d’implication de l’autre parent

Si vous pensez que l’autre parent ne s’implique pas assez dans le suivi scolaire de votre enfant, il est indispensable de réagir.

  • L’entente entre vous est cordiale et vous gagnerez à échanger sur votre frustration tout en trouvant des solutions. Demandez simplement à l’autre parent de vous aider à suivre votre enfant en commun, répartissez vous les tâches si nécessaire. Bien souvent, il suffit d’en parler pour trouver du soutien auprès de l’autre parent.
  • La communication est impossible avec votre ex : il est alors de votre responsabilité de vous assurer que l’organisation autour de votre enfant lui permette de se développer dans de bonnes conditions. Les parents détenteurs de l’autorité parentale ont l’obligation d’assumer l’éducation intellectuelle, professionnelle, civique.... de leur enfant, afin de permettre son développement. Si vous considérez que les conditions ne sont pas réunies, vous pourrez toujours saisir le JAF (Juge aux affaires familiales) qui vous aidera à trouver une solution dans l’intérêt unique de votre enfant.

Faire du désaccord des parents une force et non une contrainte

Il est fréquent que les parents divorcés n’aient pas la même vision du suivi de leur enfant. Là où les consensus ou concessions sont nombreux lorsque l’on vit en couple, les divergences éclatent au grand jour lors des séparations, et peuvent s’accentuer avec le temps.

Les désaccords sont inconfortables pour les parents et les enfants, mais la plupart du temps ils enrichissent les enfants. Les points de vue différents n’empêchent pas les enfants d’évoluer, il n’est donc pas indispensable de vouloir systématiquement accorder les violons entre les parents séparés, bien au contraire.

La séparation, nous le rappelons souvent, entraîne forcément une distinction du foyer du père et de la mère. Cette distinction est saine et cohérente pour l’enfant et lui permet d’évoluer dans deux mondes qui deviendront complémentaires.

La question plus générale de l’éducation des enfants dans les familles recomposées démontre à quel point il est important de différencier le foyer du père et de la mère pour un meilleur équilibre.

Ainsi, le désaccord n’est pas un obstacle la plupart du temps et il ne sert à rien d’imposer sa vérité.

Un parent peut imposer d’apprendre une leçon à la virgule près, l’autre d’en comprendre le sens. L’enfant aura ainsi travaillé la mémoire avec l’un, et la compréhension avec l’autre !

En tant que parent, vous avez tout le loisir, pendant votre temps de garde, de mener à bien l’éducation de votre enfant, comme vous l’entendez.

La loi, en ultime recours, vous permet d’exprimer votre désaccord si vous considérez que l’autre parent fait des choix contraires à l’intérêt de l’enfant.

Impliquer le beau-parent dans le suivi scolaire de son enfant

Dans les familles recomposées, la question du suivi scolaire est au centre de la gestion du quotidien et du rôle du beau-parent.
Si ce dernier n’a toujours pas un statut officiel, il est utile de rappeler qu’il a aujourd’hui des droits, notamment celui d’effectuer des actes de la vie courante de l’enfant de son conjoint.

Dans la pratique, l’intervention d’un beau-parent dans le suivi scolaire d’un enfant a de multiples avantages :

  • Un beau-parent a souvent plus de recul sur l’enfant de son conjoint, car les tripes parlent moins !
  • Un beau-parent c’est aussi une autre vision de l’apprentissage, une autre méthode, qui pourra coller avec les besoins de l’enfant.
  • En accompagnant l’enfant de son conjoint tout au long de sa scolarité, les liens peuvent se consolider. Ce suivi fait complètement parti de la construction de la relation entre un enfant et son beau-parent.
  • Un beau-parent, c’est aussi un conseiller pertinent, qui connaît suffisamment l’enfant pour partager une partie de sa vie avec celui-ci, et pour lui transmettre toute son expérience et ses idées.

Dans les familles recomposées on trouve souvent plus d’enfants que dans les familles traditionnelles. La gestion des devoirs n’est pas toujours simple lorsqu’il faut s’occuper de nombreux enfants. Dans l’article la gestion des devoirs pour les familles recomposées, vous découvrirez comment vous organiser au mieux pour suivre toute votre tribu !

Accompagner un enfant de parents séparés en échec scolaire

Parfois le constat de l’échec est présent et pourtant nous avons eu le sentiment de donner toutes les chances de réussite à notre enfant. Comment réagir face à ce constat ?

Faut-il s’inquiéter d’un enfant en difficulté scolaire ?
Oui, s’il est malheureux et s’il en souffre.
Oui, s’il accumule trop de retard dans les apprentissages fondamentaux que sont la lecture et l’écriture.
Non, parce-que de toute façon il aura tout loisir de trouver sa voie et de réussir sa vie dans le futur.

Nous vous proposons une approche simple pour diagnostiquer la source de l’échec scolaire de votre enfant.

Poser les 3 questions suivantes à votre enfant. En fonction de son âge, vous pouvez lui écrire les questions et lui demander de formaliser les réponses (l’écrit est une excellent méthode dans la mesure où l’on efface pas ce que l’on écrit en revanche on ajuste à l’oral), vous pouvez lui poser les questions à l’oral et même demander à des personnes proches de son entourage de lui poser les mêmes questions (parfois les enfants parlent plus naturellement à des tiers qu’à leurs propres parents).

-* 1. Que penses-tu de tes résultats scolaires ?
Vous pourrez ainsi détecter sa lucidité sur son niveau mais aussi l’importance qu’il y accorde.

-* 2. Qu’est ce que tu aimes / n’aimes pas à l’école ?
Vous pourrez comprendre quels sont ses leviers de motivation : le jeu, la récréation, l’apprentissage, les copains, le professeur, l’environnement, ....

-* 3. Que voudrais-tu changer ?
Cette question permet de mettre un enfant en recherche de solution. Un enfant qui s’approprie les décisions pour faire évoluer ses résultats scolaires aura 10 fois plus de chances de réussir qu’un enfant qui subit les décisions de ses parents. La recherche de solution par l’enfant permet aussi de faire émerger parfois d’autres problématiques, liées à une relation avec une tierce personne, une organisation inconfortable pour lui ou simplement un cadre travail qui ne lui convient pas.

Accompagner son enfant qui est en échec scolaire c’est avant tout comprendre la nature de ses difficultés. Il n’y a pas de jugements à porter, seulement une totale ouverture d’esprit vous permettant de saisir sa personnalité et ses points de blocage.

C’est seulement après cette étape, que vous pourrez reconstruire avec lui une dynamique de réussite.

Nous aimerions constater à l’avenir que la séparation des parents n’a plus cet impact négatif sur la réussite scolaire. Pour cela, nous avons tous notre rôle à jouer :

  • les parents dans leur implication auprès de leurs enfants
  • l’école, dans le diagnostic plus précoce des difficultés
  • le gouvernement, dans la prise en compte des nouvelles formes de vie des enfants liés à la séparation des parents lorsqu’il s’agit de réformer l’école
  • les enfants, dans leur capacité à dire ce qu’ils pensent, et oui, trop souvent les enfants n’osent pas parler, et les pansements que nous mettons pour les aider ne sont pas toujours efficaces !

Voir en ligne : Séparation et divorce : quelles conséquences sur la réussite scolaire des enfants ?

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