Épuisement face à mon beau-fils

Bonjour,

Je suis nouvelle sur ce forum, je viens y chercher des réponses face à une situation très délicate dans la famille recomposée que j'ai construite il y a trois ans avec mon nouveau compagnon.

J'ai une petite fille de cinq ans, dont j'ai quitté le père il y a quatre ans car il n'assumait pas sa paternité et me laissait seule m'occuper de la petite qu'il vivait comme une contrainte. Il préférait sortir, boire, dormir, partir en week-end... Après un an de profonde solitude et de peur quand il rentrait en état d'ébriéte, j'ai enfin pris la fuite.

Il voit notre fille un week-end sur deux, le mercredi et quelques jours pendant les vacances quand il a le "temps"...

Je me suis remise en couple avec un homme que j'adore, quelqu'un de gentil qui me sécurise... mais il a monté son entreprise il y a un an et travaille six jours sur sept et est épuisé le dimanche. Jamais de samedi de libre, jamais de vacances.

Depuis trois ans, je m'occupe énormément de son fils en son absence.
Il a dix ans. Il présente plusieurs handicaps psychiques : hyperactivité, retard de langage, troubles du comportement, dyspraxie, hyperémotivité, phobies, retard de maturité.
Il n'a que peu d'autonomie dans la vie quotidienne, il faut tout lui dire, mais plusieurs fois car il n'écoute pas. Je répète à longueur de journée pour lui... pour ma fille également car elle est petite.
Je n'ai aucun problème d'autorité avec les autres enfants (je suis enseignante spécialisée) mais avec ce garçon... j'ai l'impression de m'épuiser à parler dans le vide.
Il n'écoute rien, mais parle tout le temps, crie beaucoup, et fait énormément de bruits de bouche en tous genres. Il me frappe souvent, pas volontairement, mais sa maladresse me vaut des collections de bleus et il manque souvent de me faire tomber, parfois quand j'ai la petite dans les bras : il marche en zig-zag, crie, gesticule, et cela rend les sorties fatiguantes.
Globalement, il n'a pas plus d'autonomie que ma fille de cinq ans. Il se plaint beaucoup, à propos de tout.

Bref, le quotidien avec lui m'épuise. Je dois passer mes journées à gérer les disputes entre les deux enfants, j'ai l'impression de ne pas pouvoir profiter de ma fille, et je ressens une profonde culpabilité car je me dis qu'il est handicapé et qu'il n'est pas responsable de son état.

Je l'aime mais je ne le supporte plus. Hier il a fait une crise d'une demie heure qui a tellement terrifié ma petite qu'elle a fait pipi dans sa culotte. Il hurlait et se jetais dans les murs et les meubles car il avait cassé un objet...

Je suis au bout du rouleau, je me sens affreuse et coupable, impuissante...

J'ai fait mon maximum pour lui. J'ai organisé ses soins, il va chez l'ortho, la psychomotricienne, le psychologue, je lui ai trouvé une école spécialisée, j'ai passé du temps chez ma propre psychologue à chercher comment faire au mieux avec lui.

Mais rien n'y fait. Je suis épuisée. Je voudrais juste pouvoir profiter de ma petite fille sans ses cris, sans ses crises, et sans me sentir horrible de ne pas réussir à l'accepter tel qu'il est.

Je demande à son père de l'aide mais il ne voit pas comment m'en apporter.

Quand le petit va chez sa mère, un week-end sur deux et la moitié des vacances, je me repose un peu mais il revient trois fois plus agité avec tous ses troubles aggravés...

Je m'enfonce dans une spirale dont je ne sais plus comment sortir. Je me sens minable.
Je ne dors plus bien, j'apréhende chaque journée avec lui, je perds l'appétit.

Je ne voudrais pas quitter son père que j'aime mais je ne vois plus d'autre solution...

Tagada.


Réponses

  • 6 Réponses sorted by Votes Date Added
  • Bonjour Tagada
    Bravo pour votre courage qui force bien évidemment l'admiration. Vous pouvez vous sentir forte et courageuse de vous occuper de l'enfant de votre compagnon et vous avez bien le droit de craquer, de vous sentir épuisée et surtout de faire une pause. 
    Vous vous occuper d'un garçons avec des handicaps difficile à gérer au quotidien, et ce n'est pas un enfant que vous avez mis au monde, alors franchement, vous pouvez sincèrement être très fière de vous. 
    Tout le monde peut se sentir démuni face à cette difficulté, la mère de l'enfant, son père et vous. 
    Il n'y a pas de solution miracle, mais le bonheur de votre famille, y compris de ce garçon, est complètement lié aussi à votre bien-être et votre épanouissement. Et pour cela, il faut vous protéger aussi. 
    Vous ne pouvez pas tout assumer, et il vous faut passer le relai, au père ou à la mère. 
    Une réunion à 3 pour en discuter ? pour envisager d'autres solutions ? Un soutien, une écoute avec des associations spécialisées ? 
    Imposez vos limites, pour vous, votre fille, votre couple. Personne ne vous le reprochera, bien au contraire, on vous reprocherait de ne pas le faire et de mener votre foyer à la séparation. 
    Nous sommes de tout coeur avec vous. 

  • Bonjour,

    Comment ce jeune garcon se comporte-t-il avec son père? Votre compagnon, lorsqu'il est à la maison, arrive-t-il à le calmer?
    Je comprends que ce soit difficile de prendre de la distance avec votre compagnon en raison de son fils mais peut être avez-vous besoin d'un petit break, cela peut aussi pousser votre compagnon à prendre réellement conscience de la situation pour trouver une solution à la situation actuelle.
  • Merci pour votre contribution, les témoignages masculins sont toujours très intéressants pour les femmes qui se posent des questions sur les réactions à avoir .... 
  • Bonsoir,

    Je m'excuse, j'ai mis longtemps à venir vous répondre, c'est que je reste en réflexion par rapport à ce sujet difficile...

    J'ai beaucoup discuté avec mon compagnon à propos de son garçon ces dernières semaines, on a beaucoup parlé avec lui également, les choses évoluent tout doucement avant de partir de nouveau en vrille régulièrement...

    Il nous a formulé son envie d'aller beaucoup moins chez sa mère, avec qui il entretient une relation toxique au possible.
    Ce n'est pas pour le plaisir de rentrer dans le lard de l'ex de mon compagnon, mais c'est une femme désinvestie, qui est tombée enceinte par accident, a mis très longtemps à s'en rendre compte, et a beaucoup négligé voir maltraité (devant témoins) le petit pendant des années, jusqu'à ce que son père le récupère.
    Alors les troubles ont commencé à se résorber mais si il a fait de grands progrès sur certains points, ça n'en reste pas moins difficile...

    Il réclame sa mère mais sait très bien qu'elle s'occupe mal de lui et rentre toujours des week-ends et moitiés de vacances complètement agité, régressif, désordonné, troublé.
    Il est à fleur de peau, évoque les heures tout seul devant sa tablette, les émissions choquantes vues à la télé, l'ennui et le vide de ses moments pourtant tant attendus...

    Après, à nous la lourde tâche de "récupérer" les dégâts.
    On cadre et on rassure, mon compagnon plus sur un rôle paternel, moi plus sur un mode maternant sans trop en faire ni critiquer sa mère. C'est dur, mais je reste neutre pour ne pas le peiner. Pourtant parfois ça me rend dingue de l'entendre m'expliquer les négligences, les inadaptations dont il fait les frais...

    Mon compagnon arrive à le recadrer mieux que moi mais non sans peine pour les deux, une peine au sens premier du terme, c'est à dire que de ces jours de "reprise" ils sortent tous les deux peinés même si c'est bénéfique pour la suite... Il faut tout réapprendre, de la propreté aux bonnes manières, et à force d'attention il peut devenir quasiment "normal" et en tout cas, certains jours, très heureux.

    Là, c'est génial... Et tout se recasse la gueule en un week-end chez sa mère.

    Aujourd'hui encore, nos vacances sont très compliquées.

    Je demande à mon compagnon de faire la demande d'une enquête sociale, pour que des tiers, des travailleurs sociaux, donnent leur avis sur la situation.

    Qu'en pensez-vous?

    Merci de votre attention.

    Tagada.



  • Bonjour.
    Vous pouvez effectivement demander une enquête sociale au juge, qui pourra accepter ou refuser votre demande en motivant son refus. Les 2 parents seront concernés par l'enquête sociale.
    L'avantage est de prendre du recul sur la situation en demandant à des personnes extérieures d'amener un regard objectif sur une situation. C'est aussi une procédure certainement difficile à accepter pour la mère en l'occurrence.

    Dans tous les cas, à partir du moment où vous, votre conjoint et son fils sont en souffrance, il faut accepter de l'aide extérieure. Et si vous pensez que cet enfant n'est pas en sécurité lorsqu'il est chez sa mère (en sécurité psychologique et physique), vous pouvez tout à fait en parler au juge, qui pourra demander une enquête sociale.

    Les avis de professionnels extérieurs sont très importants dans votre situation, car votre beau-fils présente des troubles du comportements.

    Easytribu
  • Je n'ai pas de conseil à te donner malheureusement, mais juste un avis: tu es une femme géniale et incroyablement forte! N'en doute jamais!
    Bon courage et pour le bien être de ta fille et de ton beau fils, ne lâche pas l'affaire! Montre à tout le monde qu'une belle mère peut parfois etre plus apaisante qu'une mère.
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