Trop d'amour bloque l'amour ?

Famille recomposée : trop d’amour bloque l’amour ?
jeudi 17 août 2017, par AnneBey

Les témoignages des belles-mères en difficulté pour accepter l’enfant de leur conjoint m’ont permis de me sentir moins seule, merci à tous.
Par contre, je vis une situation inverse qui me fait beaucoup culpabiliser.
Je suis tombée amoureuse de quelqu’un qui a un fils de 12 ans, dont il a la garde entière, de nationalité portugaise.
Je l’ai rencontré en France où il était de passage pour un travail, l’enfant resté chez sa grand-mère au pays.
Dès le début il m’a parlé de ce fils qu’il a élevé seul depuis le début. Son désir aussi finalement de rester en France près de moi, et donc de stabiliser notre situation, et le faire venir ensuite.
Nous avons vécu 5 mois ensemble, j’ai rencontré l’enfant là-bas (très peu).
Puis ce garçon est venu passer les vacances de printemps en France, et au moment de repartir, père et fils ne se sont pas senti de revivre la séparation.
Son père m’a alors demandé si je l’accepterais dès maintenant, et dans le cas contraire, il repartiraient tous les deux au Portugal.
J’ai accepté l’enfant, et l’ai fait très sincèrement, même si cela a été un choc car je ne me sentais pas préparée (je ne parle pas le portugais et communique avec mon peu d’anglais avec lui, etc).
Le garçon s’est montré infiniment gentil avec moi, et je dirais, au risque de choquer : trop.
C’est comme si, pour le père comme pour le fils, je doive être la mère d’emblée.
Je suis moi-même maman d’un fils de 21 ans.
Tout cela me semblait très loin - j’ai perdu l’habitude des contraintes, vivant très libre. Et pour moi cela est très dur (je sais, je dois sans doute choquer).
Ensuite, ce "trop" m’a complètement bloquée. Qu’on me passe le bras autour du coup alors que mon fils ne l’a jamais fait à cet âge de cette manière, que ça me semble même un peu déplacé alors que l’on ne se connaît pas ; qu’on se colle à moi en permanence pour voir ce que je fais, qu’on m’appelle 10 fois dans le quart d’heure, sont intrusifs. J’ai du mal a établir une distance qui me semble correcte car ne voudrais pas que ce soit pris comme un rejet.
Au père qui au détour d’une phrase m’a dit "maintenant tu es sa mère", j’ai dit que non, et il commence seulement à comprendre.
Du coup, je n’arrive pas à donner comme je sais que je peux donner. Je suis gentille et respectueuse avec lui, je fais ce qu’il faut au minima dirons-nous, mais je souffre énormément d’être moi-même ainsi et de ne pas arriver à "ouvrir".
D’autant que s’ajoute des différences d’éducation que j’ai parfois du mal à accepter.
Je pensais qu’avec le temps, et balisant les choses cela irait mieux (par ex cet enfant ne me prend plus par le cou, j’ai signifié gentiment...), mais en fait non. Je dirais même que c’est pire ces temps-ci, je me sens comme dans un rejet, déprimée, et terriblement angoissée. Tellement que je vis la présence de cet enfant comme une contrainte et une entrave à ma liberté.
Jamais je ne m’aurais imaginée dans ce scénario.

Réponses

  • 1 Répondre sorted by Votes Date Added
  • Bonjour,
    ça fait du bien de lire qu'un bel-enfant s'attache d'emblée à sa belle-mère en lui demandant des signes d'affection !
    Bon, inutile de vous culpabiliser. oui, cet enfant change votre quotidien et vous redonne des contraintes depuis quelques années oubliées. Vous avez le droit de le penser, de le vivre.
    Et oui, cet enfant n'est pas le votre, et vous avez le droit de ne pas pouvoir le prendre dans les bras, avoir des gestes affectueux avec lui ....
    Le plus important est de rester naturelle, authentique afin de construire une relation basée sur l'échange, la considération et avec le temps, les sentiments pourront être de plus en plus fort. Si vous avez besoin de liberté, prenez là, ou organisez là, afin de ne pas rester dans la frustration. C'est comme cela que vous arriverez à trouver des bons moments ensemble.
    Cet enfant a 12 ans, vous pouvez donc lui expliquer certaines choses :
    - le fait que vous n'êtes pas habituée à ses gestes d'affection, que vous ne faisiez même pas avec votre fils à son âge (cela va le rassurer, car il ne s'agit pas d'un rejet mais de votre personnalité),
    - le fait que vous vous êtes habituée à votre liberté et que vous en avez besoin
    - votre vision de l'éducation, ce qui est important pour vous
    Bref, la bonne distance est simplement celle de l'authenticité, en donnant du sens à vos actions. Car ce jeune garçon doit prendre le temps de sortir de son ancien "modèle" pour s'adapter au votre. Cela prend du temps, peut nous faire culpabiliser parfois et pourtant, c'est aussi ce qui va en faire sa richesse plus tard.

    Et bien entendu, il faut avoir la même démarche avec le papa, qui doit vous laisser du temps pour construire votre relation avec son enfant. Le rassurer, tout en lui expliquant comment vous fonctionnez.

    Les bases paraissent solides, et la communication plutôt saine, .... enlevez vous toute culpabilité, et continuez ainsi ....

    Bon courage

    Easytribu
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